Madagascar attire les compagnies australiennes

Une délégation conduite par Monsieur Zafilahy Ying Vah, Ministre auprès de la Présidence chargé des Mines et du Pétrole a représenté Madagascar pour assister au grand événement intitulé Africa DownUnder (ADU)- 2016 qui s’est déroulé du 06 au 09 septembre 2016 à Perth en Australie. « L’ADU a été organisé tous les ans depuis 2003 pour être une plateforme de rencontres et de discussions entre les opérateurs australiens et les dirigeants africains dans le secteur minier », a expliqué Monsieur Bill Repard, PDG de Paydirt Media Pty Ltd, lors de l’ouverture officielle le mercredi 07 septembre 2016. Cette délégation est composée de Monsieur Andriamparany Carl de Mon Espoir, Secrétaire Général en charge du Pétrole du Ministère auprès de la Présidence chargé des Mines et du Pétrole, de Monsieur Jaobarison Randrianarivony, le PCA du Bureau de Cadastre Minier de Madagascar (BCMM), de Madame Lydia Boarlaza, membre du CA du BCMM et de Monsieur Andriantenaina David, le directeur général du BCMM.

Poursuite d’une formation pour 15 techniciens malagasy

Et la participation de cette délégation malagasy à cet événement de grande envergure fait suite à une longue coopération entre Madagascar et l’Australie dans le secteur minier. Il s’agit notamment de la présence de plusieurs compagnies australiennes opérant dans le secteur minier malagasy  tels que Rio Tinto – QMM (exploitation d’ilménite à Fort – Dauphin), Bass Metals – GraphMada (exploitation de graphite à Brickaville) ainsi que les projets d’exploration comme le Calcaire de Soalara et le projet d’Ilmenite de Ranobe de Toliara Sands. En outre, un programme de « Capacity building » financé par le DFAT en collaboration avec les universités du Queensland et de Sydney, a été mis en œuvre depuis 2011. Les thématiques se focalisent sur la législation minière, l’environnement, l’HSE et l’approche genre dans le secteur minier. Plus de 60 techniciens malagasy ont déjà bénéficié de ce programme de formation. Et lors de la rencontre entre la délégation malagasy conduite par le ministre Zafilahy Ying Vah et de Madame Leanne Howie, représentante de l’Université de Sydney accompagnée de l’Ambassadeur de l’Australie à Madagascar, SEM Susan Coles, une poursuite de la formation pour 15 nouveaux récipiendaires malagasy a été conclue. Cela se déroulera du janvier jusqu’en avril 2017 en Australie. Et les thèmes seront axés sur la législation et la réglementation minières, l’économie et la fiscalité minières, l’HSE ainsi que les études de risque dans le secteur extractif.

Rencontre avec les opérateurs australiens

Notons que la Délégation Malagasy conduite par SEM Zafilahy était sollicité durant l’ADU. Elle a également rencontré les représentants de l’Université du Queensland dirigés par Madame Sarah Mackenzie pour discuter sur la poursuite de la collaboration avec Madagascar concernant le programme de renforcement de capacités dans le secteur extractif. Le Ministre de tutelle a fait part de ses souhaits de voir concrétiser des projets sur les domaines de sécurité telles que l’utilisation et la gestion des matières explosives pour les activités minières. En outre, les stratégies adéquates à adopter afin que les compagnies extractives puissent contribuer dans des actions sociales, ont été également évoquées dans le cadre de l’ADU. Entre temps, plusieurs compagnies ont rencontré la délégation malagasy car elles veulent présenter leurs activités et leurs intérêts pour des éventuels projets avec Madagascar. A titre d’illustration, Baker & Mc Kenzie qui est un des plus  grands cabinets juridiques  au monde, a une longue et vaste expérience en Afrique dans les secteurs de Mines, de l’Energie et des projets d’infrastructures. Monsieur Mathieu Hanaut, son représentant a expliqué, entre autres, l’existence des opportunités de projets sur les changements climatiques et les financements y afférents. Selon lui, l’objectif du Baker et Mackenzie est d’assister les pays africains comme Madagascar à faire face aux exigences de COP21 par la mise en place des projets qui touchent à la fois l’exploitation minière et changement climatique.

Ensuite, la Délégation Malagasy rencontrait « Spatial Dimension » qui est le leader mondial de logiciel de cadastre minier, par l’intermédiaire du système FlexiCadastre. Ce système peut traiter tous les aspects du système cadastral allant de la demande, de l’évaluation, de l’octroi et du suivi de la conformité des droits miniers et permis connexes, ainsi que la gestion des revenus. Une séance de démonstration pour les personnels du BCMM sur place était programmée à l’issue de la rencontre.

Adopter une politique de « win-win »

Par ailleurs, l’ADU 2016, comme toutes les autres éditions auparavant, était une occasion pour les Ambassadeurs Australiens en poste en Afrique de présenter et d’expliquer, en session plénière, les diverses situations macroéconomiques et politiques de leurs zones de juridiction respectives.  Pour le cas de Madagascar, Madame Susan Coles, Ambassadeur d’Australie à Madagascar mentionnait la récente nomination du Ministre Zafilahy Ying Vah ainsi que les actions entreprises depuis plus de 2 ans pour améliorer les Codes Minier et Pétrolier. Elle a aussi fait mention des stratégies de l‘Etat Malagasy d’améliorer la fourniture d’énergie pour ne pas citer que le cas du Symbion Power. La journée se terminait par un dîner de Gala auquel la délégation malagasy était conviée. Ensuite, le ministre Zafilahy Ying Vah a effectué des échanges avec ses pairs africains après la rencontre avec le Ministre d’Etat Australien chargé du Développement. Et lors de cette deuxième journée de conférence, il a également dirigé une table-ronde avec les opérateurs australiens. Plusieurs d’entre eux y avaient répondu présents et avaient pu s’acquérir des dernières évolutions de l’environnement d’investissement à Madagascar en général et dans le secteur minier en particulier.  Il s’agit entre autres de Bass Metals (graphite), d’Iluka (Ilménite), de Base Titanium (Ilménite), de Gulf Minerals (Calcaire), de TREM (terres rares), d’Energizer (graphite) et de bien d’autres compagnies de services. Il a été mentionné, entre autres, que Madagascar propose aux investisseurs miniers deux cadres législatifs attractifs avec une possibilité de travailler sous des régimes de stabilité qu’offrent le code minier et la LGIM. Outre les discussions autour du critère d’éligibilité à la LGIM, la table ronde était une occasion pour SEM Zafilahy d’apporter plus d’explications sur les améliorations à apporter au Code Minier. En fait, « l’objectif est d’adopter une politique de « Win/Win » tout en affirmant la ferme volonté de l’Etat d’empêcher les spéculations sur les blocs et carrés miniers et de collaborer avec les vrais opérateurs. Il y a également une garantie de stabilité pour les investisseurs dans ces lois », a-t-il précisé. Par ailleurs, le ministre de tutelle a présenté en séance plénière le secteur extractif Malagasy dans le cadre de cette conférence d’ADU. Il fait remarquer que le secteur minier représente les 2/3 des IDE à Madagascar, 30% de ses exportations et 14% des recettes fiscales. Cependant, il ne contribue pour l’heure que 2,12% du PIB alors que Madagascar est classé au 9e rang des pays africains attractifs aux investissements miniers.

Partages d’expériences et visite sur terrain

A part cela, la délégation malagasy a rencontré une délégation sud-africaine en vue d’une coopération dans le processus de valorisation des pierres précieuses et de partage de la longue et riche expérience de l’Afrique du Sud dans le secteur minier. Une autre rencontre avec la délégation nigérienne lui a permis de mieux connaître la gestion des mines stratégiques comme l’or et l’uranium qui font toujours l’objet de contestation. Celle-ci peut fournir ses expertises scientifiques si nécessaire. Et enfin, la délégation malagasy a visité la mine de sable minéral d’Iluka, près de Bunbury au sud de Perth. Son usine utilise  un système d’extraction de minerais d’Ilménite à sec et produit  30 000 tonnes/mois de produits concentrés en Ilménite et du Zircon. Il y a également un système de réhabilitation des sites d’extractions (profondeur du filon : 6 à 7 mètres) comprenant le remblayage avec les « stériles » et le recouvrement avec le « top sol » préalablement conservé qui reste optimale et fertile après 10 à 15 ans. Elle a également visité le centre d’opération de Rio Tinto, près de l’aéroport de Perth. Le système y est automatisé de commande à distance des opérations minières d’extraction de minerais de Fer dans la région de Pilbara (2000 km au Nord du Perth). Le centre supervise en temps réel les opérations à travers un système de double compétence entre les deux points. En effet, chaque poste sur le site d’exploitation dispose de son double au centre d’opération.

Les diverses structures de l’exploitation comprennent 1 600 km de voies ferrées et 4 ports d’exportations appartenant au RioTinto. Sa production s’élève à 356 millions de tonnes par an dont 65% pour le Marché Chinois.