Le Conseil d’Administration international de l’EITI (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) a décidé vendredi dernier de la validation de Madagascar à la conformité à la norme internationale sur la bonne gouvernance du secteur extractif avec la mention « progrès significatif », lors d’une réunion qui s’est tenue à Berlin en Allemagne. « Nous avons rempli à 80% les exigences de l’EITI en matière de bonne gouvernance dans ce secteur. Mais beaucoup reste à faire », a déclaré Daniela Andriafeno, Secrétaire Exécutif de l’EITI Madagascar, lors de l’ouverture de la formation sur  la mise à jour des exigences de l’EITI au profit des membres du comité national, hier au Motel Anosy.  

 

Quinze recommandations émises

 

En fait, « la méthode de validation de l’EITI a été modifiée depuis 2016.  Le niveau de progrès d’un pays varie ainsi de « sans progrès » jusqu’au « progrès satisfaisant ». Le cas de Madagascar est au stade de « progrès significatif ». Le Secrétariat International a émis quinze recommandations afin que la Grande île puisse obtenir la classification de « pays conforme » d’ici la fin de 2019 », a-t-elle souligné. Parmi lesquelles, elle a cité, entre autres, la forte implication de la société civile dans la  publication des informations exhaustives inscrites dans les rapports EITI au grand public, pour une contribution effective dans la mise en œuvre de la transparence du secteur extractif. Notons que les rapports de réconciliation pour les exercices des années antérieures qui ont déjà été remis à l’EITI ont été validés par toutes les parties prenantes, notamment l’Etat, les industries extractives et la société civile.

 

Publication des rapports financiers

 

De son côté, « l’Etat s’est déjà engagé à publier d’une manière transparente la valeur des ristournes et des redevances que les collectivités territoriales décentralisées pourraient percevoir ainsi que toutes les modalités de répartition. C’est le cas, entre autres, du projet Ambatovy qui va verser des ristournes aux communes affectées par le projet. Un cadre réglementaire fixant les revenus pour tous les bénéficiaires doit être ainsi publié au grand public en vue d’une meilleure transparence. En outre, la publication des rapports financiers des organismes rattachés du ministère de tutelle, telle que l’utilisation des frais d’administration minière collectés par le Bureau de Cadastre Minier de Madagascar fait également partie des exigences de l’EITI », a expliqué Pamphile Rakotoarimanana, le directeur général des Mines. Un plan d’action sera ainsi mis en œuvre par toutes les parties prenantes pour pouvoir les remplir.  

 

Formation utile pour la société civile

 

En revenant sur la formation concernant la mise à jour des exigences de l’EITI à la suite de la décision prise à Berlin, une cinquantaine de personnes, membres du Comité National de l’EITI et représentants des ministères concernés, le secteur privé et la société civile, y participent activement. Cette formation organisée par l’EITI Madagascar avec l’appui du projet PAGI financé par la Banque Africaine de Développement, durera cinq jours. « Cette formation nous est extrêmement utile. En effet, nous pouvons acquérir entre autres, des informations concernant les ristournes et les redevances qui vont être perçues par notre commune suite à une exploitation minière à Soalala, et ce, d’une manière transparente », a évoqué Ramana Vincent, le président de la Coalition FIFIMIZA Soalala, une société civile locale.